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31.05.2007
Vision
pieds sur la
banquette
quelque chose au
ventre
comme un sentiment
une impatience
caresse sur la
joue
un frisson qui signifie
tu peux repartir
tu peux accepter
le train avance
filer soleil
et l'illusion repart
sans un dernier regard
petites lames assassines
qui laissent vidée
coquille desséchée
sur une larme
d'allusion
21:04 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
RegioExpress
c'est le troisième passager
qui me regarde
l'air de dire quoi cette
fille pantalon bizarre et
carnet déchiré
c'est la troisième mamie
qui me dévisage et
fixe ma canette
bière chaude dégueulasse
elle en veut une gorgée
c'est le troisième businessman
qui m'observe un air
perdu devant mon paquet de clopes
sur le siège d'en face c'est
interdit et la canette et le pantalon
et c'est la troisième fois
que je souris piteusement
parce que je sais que ce n'est pas moi
qui les dérange mais mes pieds nus
et mon âge après tout
21:00 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
Figurant
figurant
d'une pièce qui n'existe
déjà plus
et le courage
qui se marre
qui se barre
à travers voile
de fumée
et rires agités
titube sur le pont
il est le
figurant
d'une pièce qui ne se joue plus
une corde au poignet
souvenir de liquide
translucide
tanière si proche
chaude et lointaine
la figure
de cette pièce qui
n'existe déjà plus
20:57 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
29.05.2007
Matin
ce matin même la fenêtre
ne m'attirait pas
aucune volonté
de sentir l'herbe mouillée
frémissante je voulais
retourner sous la couette
humide
et dormir, dormir, dormir
m'envelopper de tiédeur
m'échapper
me piéger
et brûler ma mue
sous la cascade
de souvenirs
alors je me suis levée
presentée café tartine
et j'ai répété
les gestes séculaires
jusqu'au matin où je pourrais
dormir
20:53 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
02.05.2007
Sans titre
Je veux écrire ce texte sans faux-semblants, sans masques, sans distance, sans crainte d'être jugée. Quand j'ai appris la nouvelle, brusquement, trop peut-être pour l'optimisme, l'espoir que je gardais encore en arrière-plan, j'ai cru que ma poitrine ne tiendrait pas, la lâche. Qu'elle allait exploser, s'éparpiller et me laisser seule, à me ronger les ongles.
L'heure qui a suivi cette annonce, je n'ai su que passer à autre chose. Me voiler la face et ne pas accepter les pleurs. J'ai joué à rire, à parler. Je pensais, sans trop y croire que ce ne serait qu'un habitude à prendre.
Mais la nuit, les larmes sont venues. Ni libératrices, ni soulageantes. Étouffantes. Ce n'était pas assez. Pas assez expressif, pas assez fort. mon esprit se focalisait uniquement sur l'instant où je l'ai lu. Les mots se répétaient sans cesse, à l'infini. Je ne parvenais à extirper cette ombre. Et tout en sachant que c'était de l'égoïsme pur que de regretter, je ne pouvais m'empêcher de ne pas réaliser. Toute cette incompréhension, et cette impression d'inachevé. Trop tôt.
Les jours qui ont suivi, allongée sur mon lit, avec la même parade en boucle, les larmes coulant en continu, j'essayais de ne penser à rien. À fuir, seulement. Ailleurs qu'ici, où tout me semblait si vain, prématurément. Alors j'ai lâchement pris le train. Cette aube-là, j'ai entrevu la solution, comme une porte de secours clignotant dans la brume opaque du petit-jour, comprenant que mon coeur n'avait pas l'intention de m'aider à soulager cette douleur. J'ai repris le train, douce parade flottante en tête, les calculs faits, et dans ma chambre, très froidement, détachement risible, je les ai tous avalés.
Je pensais pouvoir rejoindre cet endroit et achever ce qui me laissait sur ma faim.
21:15 Publié dans Étalages | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note