02.05.2007
Sans titre
Je veux écrire ce texte sans faux-semblants, sans masques, sans distance, sans crainte d'être jugée. Quand j'ai appris la nouvelle, brusquement, trop peut-être pour l'optimisme, l'espoir que je gardais encore en arrière-plan, j'ai cru que ma poitrine ne tiendrait pas, la lâche. Qu'elle allait exploser, s'éparpiller et me laisser seule, à me ronger les ongles.
L'heure qui a suivi cette annonce, je n'ai su que passer à autre chose. Me voiler la face et ne pas accepter les pleurs. J'ai joué à rire, à parler. Je pensais, sans trop y croire que ce ne serait qu'un habitude à prendre.
Mais la nuit, les larmes sont venues. Ni libératrices, ni soulageantes. Étouffantes. Ce n'était pas assez. Pas assez expressif, pas assez fort. mon esprit se focalisait uniquement sur l'instant où je l'ai lu. Les mots se répétaient sans cesse, à l'infini. Je ne parvenais à extirper cette ombre. Et tout en sachant que c'était de l'égoïsme pur que de regretter, je ne pouvais m'empêcher de ne pas réaliser. Toute cette incompréhension, et cette impression d'inachevé. Trop tôt.
Les jours qui ont suivi, allongée sur mon lit, avec la même parade en boucle, les larmes coulant en continu, j'essayais de ne penser à rien. À fuir, seulement. Ailleurs qu'ici, où tout me semblait si vain, prématurément. Alors j'ai lâchement pris le train. Cette aube-là, j'ai entrevu la solution, comme une porte de secours clignotant dans la brume opaque du petit-jour, comprenant que mon coeur n'avait pas l'intention de m'aider à soulager cette douleur. J'ai repris le train, douce parade flottante en tête, les calculs faits, et dans ma chambre, très froidement, détachement risible, je les ai tous avalés.
Je pensais pouvoir rejoindre cet endroit et achever ce qui me laissait sur ma faim.
21:15 Publié dans Étalages | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
05.02.2007
Lettre à V.
Tu es une des mains qui m’a forgé. J’essaie de te le faire comprendre, mais maintenant ça n’a plus d’importance. Si j’ai commencé à écrire, ou à vouloir, c’est grâce à toi. Si je la joue affranchie, solitaire, voire hautaine, c’est dans un dernier désir d’imitation. Je t’envahis avec ce que j’appelle ce flot de caramel collant, qui t’enlise dans une position que tu n’as pas voulue. Mais, il me semble, maintenant tout s’apaise.
Tu sais, tu me fais parfois certaines confidences, et, tu me sembles démuni. J’aimerais établir un lien, te dire que je t’écoute, que si tu veux parler je suis là. Te montrer que tu n’es pas rien. Bien que je sache que tu as une autre personne qui t’écoute.
Tu me parles de ton amour, et de tes non expériences. Tu sembles triste ou désabusé. Je sais que tu ne veux pas de cette chaleur que j’ai envie de te donner. J’aimerais te protéger, te dire que tu comptes, que tu es quelqu’un de bien. Que tout n’est pas vain. Mais je n’y arrive pas, et parle de moi. Je t’ennuie avec des futilités alors que l’essentiel n’est jamais atteint. Tu parais si fragile, sur les bancs rouges, si retenu. Mais parfois, des confidences s’échappent, peut-être des mots gentils. Je te tourne en dérision quand tu m’avoues ta timidité et tes déboires, alors qu’en dedans je cache mon émotion et l’envie de te prendre dans mes bras. Pour réchauffer l’illusion que tout s’arrangera. Par amitié. Mais je ne peux que constater mon impuissance, car je sens que tu ne veux pas.
En écrivant la fin, je me rends compte que j’ai à nouveau parler de moi et fait montre d’autorité. Si tu veux bien me pardonner
Line
21:00 Publié dans Étalages | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
17.01.2007
Le rêve de cette nuit
Brusquement, des soldats armés de mitraillettes surgissent. C’est une véritable boucherie qui se déroule autour de moi. Tous les passants se font massacrer à mesure qu’ils avancent. Je suis blessée et m’évanouis dans la bousculade. Très peu de temps se passe avant que je ne me réveille, sur un tas de cadavres sanguinolents. La rue est silencieuse, les soldats vérifient qu’ils ont bien accomplis leur travail. Comme un dernier instinct de survie, je feins la mort. Je sens leur présence, mais ne peux m’empêcher de bouger encore. Ils partent enfin. Aucun souvenir sur le chemin que j’ai fait jusqu’à l’autre rue, ensoleillée, riante. Mon ami n’est pas là.
Mon inquiétude me pousse à demander à un passant s’il l’a vu. Il affirme l’avoir vu quitter cette rue, pour me rejoindre. Je ne sais pas comment il sait ce qu’il dit mais je le crois. Ce passant me convainc que mon ami est mort.
13:05 Publié dans Étalages | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
15.01.2007
Le parc
Soir mélancolie, j’aimerais pleurer, ça sortirait le noir qui ronge mon je-m’en-foutisme douillet, les certitudes ne font plus que tomber, comme les barrières de la désinvolture. J’ai fait un rêve, dans parc bien mal-connu, étrange impression que le rêve n’était que réminiscences d’événements. Une tierce personne, en face, dans un endroit inexploré de ce parc. C’était mieux. Même ambiance, même ton. Sauf que c’était l’autre côté du miroir. La troisième fois était différente. Ni neutre ivre, ni méchante contre, simplement, inattendue. Enchaînement de constatations, je les ai ramassées dans la gueule, et elle le méritait. La personne débitait inlassablement des faits, sans reproches, juste déçue. J’essayais de parler, dédramatiser, mais j’étais la coupable, je ne réussissais pas. D’avoir fait ce qu’on m’avait demandé – aimer quelqu’un d’autre – on m’accusait. L’injustice me semblait évidente mais je ne pouvais me défendre. Je voulais frapper aveuglément, mais les paroles m’immobilisaient. Après, des souvenirs flous du rêve, seule la fin me reste. Je veux partir, courir, quitter ce qui me semble être un endroit définitivement souillé mais mes pieds sont pris dans la glace. Impossible. Je reste donc assise, en pensant que ça pourrait au moins être de la glace comestible. Chocolat, par exemple. Je me réveille, et après avoir repris mes esprits, me dit que je terminerai définitivement tout par une connerie.
20:55 Publié dans Étalages | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note
05.01.2007
Quelques mots
Les distances changent, elles ne sont plus, elles redeviennent. On les croyait là, alors on les ménageait, mais elles étaient ici, et on se trompait.
Le changement que l’on souhaitait, on ne l’aperçoit pas. Alors, on agit comme avant, et c’est faux, de nouveau.
Le changement que l’on aperçoit est celui que l’on ne voulait pas. Mais il est là, et on esquisse l’acceptation.
Le décor a changé, mais on veut le peindre aux couleurs d’avant. Même si avant, elles nous déplaisaient.
Les gens qui sont importants, le sont différemment. Au début, c’était bien, mais maintenant, cela pèse. Leur amitié est lourde à porter.
Son amitié est lourde à porter.
C’était inimaginable, avant, de pouvoir penser cela, mais maintenant.
Que la distance change, qu’elle redevienne comme avant, simple ignorance.
Si seulement, on ne se parlait pas.
11:10 Publié dans Étalages | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
Aujourd'hui
J’étais couchée dans la neige. Le décor était entièrement blanc, le ciel aussi. Je n’étais ni dehors ni dedans, mais sur la tangente. Etendue, sans aucune volonté de réfléchir. J’ai oublié où je me trouvais. Je pouvais me persuader que le paysage alentour appartenait à un monde parallèle. Le froid ne me touchait pas, mes habits me protégeaient mais c’était inutile ; je n’avais plus aucune sensation. Sur le dos, je me sentais bien. Les adjectifs m’ont manqué sur le moment pour décrire cet état. Maintenant, je dirais sereine. Mais c’était beaucoup plus que cela. Pleine, peut-être. Pleine de plénitude. Mes pensées ne m’assaillaient plus, les idées sombres étaient effacées. C’était calme. Oui, depuis des mois, mon corps était en phase avec mon esprit. Cela arrivait parfois en rêve, et en sortant du sommeil, j’étais incapable de dire si j’avais bien rêvé ou pas.
Cet après-midi, je crois que j’ai été heureuse. Au moins pendant quelques instants.
11:05 Publié dans Étalages | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note