02.05.2007
Sans titre
Je veux écrire ce texte sans faux-semblants, sans masques, sans distance, sans crainte d'être jugée. Quand j'ai appris la nouvelle, brusquement, trop peut-être pour l'optimisme, l'espoir que je gardais encore en arrière-plan, j'ai cru que ma poitrine ne tiendrait pas, la lâche. Qu'elle allait exploser, s'éparpiller et me laisser seule, à me ronger les ongles.
L'heure qui a suivi cette annonce, je n'ai su que passer à autre chose. Me voiler la face et ne pas accepter les pleurs. J'ai joué à rire, à parler. Je pensais, sans trop y croire que ce ne serait qu'un habitude à prendre.
Mais la nuit, les larmes sont venues. Ni libératrices, ni soulageantes. Étouffantes. Ce n'était pas assez. Pas assez expressif, pas assez fort. mon esprit se focalisait uniquement sur l'instant où je l'ai lu. Les mots se répétaient sans cesse, à l'infini. Je ne parvenais à extirper cette ombre. Et tout en sachant que c'était de l'égoïsme pur que de regretter, je ne pouvais m'empêcher de ne pas réaliser. Toute cette incompréhension, et cette impression d'inachevé. Trop tôt.
Les jours qui ont suivi, allongée sur mon lit, avec la même parade en boucle, les larmes coulant en continu, j'essayais de ne penser à rien. À fuir, seulement. Ailleurs qu'ici, où tout me semblait si vain, prématurément. Alors j'ai lâchement pris le train. Cette aube-là, j'ai entrevu la solution, comme une porte de secours clignotant dans la brume opaque du petit-jour, comprenant que mon coeur n'avait pas l'intention de m'aider à soulager cette douleur. J'ai repris le train, douce parade flottante en tête, les calculs faits, et dans ma chambre, très froidement, détachement risible, je les ai tous avalés.
Je pensais pouvoir rejoindre cet endroit et achever ce qui me laissait sur ma faim.
21:15 Publié dans Étalages | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
25.04.2007
Fil
Sur un fil
Lin ou coton usé
Sur un seul pied
Et tout basculer
D'un côté
Par-delà la rivière
Les près herbe
Ras un écho
Parfois lointain
Rapproche le noeud
Et les planches liées
Guideront le fil
Nos pieds fatigués
Rêve étrange
Sur un fil
De lin ou coton usé
20:57 Publié dans Lullabies | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
20.04.2007
Décor
"Au château de Toussicourt. Je monte la longue avenue jonchée de feuilles mortes. Jolie teinte jaune, soleil à travers les branches. Décor pour idylle, hélas."
Maurice Maréchal [26 octobre 1915]
10:45 Publié dans Stories of a daily war | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
15.04.2007
Jeu
dans l'eau claire
d'un marécage
pouvoir se libérer
d'une tiédeur malsaine
mais encore un café
encore une fois
et à nouveau
le même fiasco
qui trop suivre
qui trop croire
à grands coups
d'illusions théâtrales
pièce montée
et le dernier acte
vient de se jouer
en pleine figure
marron de decouragement
et à quoi bon
s'exposer a l'explosion
à quoi bon
12:34 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
14.04.2007
Messe
Mélange de certitudes
D'envies et pourtant
La tangente est si ténue
La limite si étroite
La distance froide
N'empêche pas d'être
Attirée par l'agile lézard
Nonchalant il guette
Et entre deux instants
La proie est terrassée
Petite pauvresse viens
Allume son feu
Jeu de cache-cache
Où gagne le plus grand
Je ne puis que le suivre
Et m'opposer à son silence
L'esprit-présent
Et le corps-support
Tout ce qu'il reste
Tout ce à quoi
Je puis prétendre
Blessures honteuses
D'une partition
Depuis longtemps inavouable
20:55 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note